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Bibliothèque des moléculesFiche de référence

Tesamorelin

Un analogue de synthèse du GHRH, étudié sur l'axe hormone de croissance / IGF-1 et documenté cliniquement dans une population précise : la réduction de la graisse viscérale chez des patients vivant avec le VIH.

Pourquoi cette molécule ?

Et si, au lieu d'apporter de l'hormone de croissance, on stimulait simplement sa production naturelle ? C'est l'approche de la Tesamorelin, un analogue du GHRH étudié sur la graisse viscérale.

Régulation métabolique Lecture ~8 minAussi appeléeTésamorélineTH9507
  • Research Use Only
  • Molécule à l'étude
  • Document vivant
État de la recherche
État actuel de la recherche
EGRIFTA WR est un médicament de prescription indiqué aux États-Unis pour réduire l’excès de graisse abdominale chez certains adultes vivant avec le VIH et présentant une lipodystrophie ; ce n’est pas une indication générale de perte de poids. La demande européenne a été retirée en 2012 pendant son évaluation. Le produit PHL reste destiné à la recherche uniquement.
Phase clinique actuelle
Phase 3 achevée pour l'indication VIH ; autres pistes en recherche
Dernière mise à jour
25 septembre 2026 · Fiche v1.1
Document vivant
Mis à jour régulièrement au fil de la recherche.
01 · Repères

Qu'est-ce que la Tesamorelin ?

La Tesamorelin est une version de synthèse du GHRH (Growth Hormone-Releasing Hormone), une hormone de 44 acides aminés produite par l'hypothalamus.

Un groupement trans-3-hexénoyle est ajouté à son extrémité N-terminale. Cette modification la rend plus stable face aux enzymes qui dégradent rapidement le GHRH naturel.

Elle a été développée sous le code TH9507, puis évaluée dans des essais cliniques chez des patients vivant avec le VIH et présentant une accumulation de graisse abdominale.

02 · Repères

Les noms que vous pourrez rencontrer

La Tesamorelin apparaît sous sa dénomination internationale, sa forme francisée ou son code de développement.

Tesamorelin

Dénomination commune internationale, utilisée dans la littérature scientifique.

Tésamoréline

Forme francisée de la dénomination internationale.

TH9507

Code de développement utilisé dans les premiers essais cliniques.

03 · Vulgarisation

Comprendre simplement

Trois repères simples pour comprendre la Tesamorelin.

1

Un signal de commande

La Tesamorelin imite un signal naturel envoyé par le cerveau à l’hypophyse. Ce signal pousse l’organisme à libérer davantage de sa propre hormone de croissance, ce qui augmente ensuite notamment l’IGF-1.

2

Une cible : la graisse viscérale

La graisse viscérale entoure les organes de l'abdomen. C'est le principal critère mesuré dans ses essais cliniques.

3

Une population précise

Les résultats cliniques concernent des patients VIH avec lipodystrophie, pas la population générale.

04 · Honnêteté scientifique

Ce que montre aujourd'hui la recherche

La science avance par étapes. Nous distinguons clairement ce qui est solidement établi de ce qui reste en cours d'étude.

État actuel des connaissances
  • La Tesamorelin est un analogue du GHRH humain (44 acides aminés) modifié à son extrémité N-terminale. — établi
  • Elle stimule la sécrétion pulsatile d'hormone de croissance par l'hypophyse et élève l'IGF-1. — établi
  • Des essais de phase 3 montrent une réduction de la graisse viscérale chez des patients VIH avec accumulation abdominale. — établi
  • L'effet sur la graisse viscérale tend à disparaître après l'arrêt. — établi
  • Transposition à d'autres populations et effets à long terme : non établis. — en cours

Essais cliniques randomisés de phase 3 publiés, mais dans une population spécifique (VIH avec accumulation de graisse abdominale). Hors de ce cadre, les données restent limitées.

Niveau de preuve, étage par étage

  • Mécanisme biochimique4/4

    Action sur le récepteur du GHRH et l'axe GH / IGF-1 bien décrite.

  • Animal (in vivo)3/4

    Données précliniques ayant soutenu le développement clinique.

  • Humain — population VIH4/4

    Essais randomisés de phase 3 publiés.

  • Humain — autres populations1/4

    Données limitées ; aucune extension d'indication établie.

Ce que montre la recherche

  • Dans un essai randomisé de phase 3, la graisse viscérale a diminué d’environ 10,9 % à six mois dans la population VIH étudiée ; d’autres analyses et prolongations ont observé des réductions plus importantes chez les participants poursuivant le traitement.
  • Hausse documentée de l'IGF-1 sous traitement, cohérente avec le mécanisme sur l'axe GH.
  • Réduction de la graisse hépatique observée chez des patients VIH (Stanley et al., 2014 et 2019).

Ce qui reste encore à étudier

  • Pertinence des résultats hors de la population VIH étudiée : non établie.
  • Effets sur la glycémie : variations surveillées dans les essais ; le profil à long terme reste à préciser.
  • Bénéfice cardiovasculaire ou clinique durable : non démontré.

Ce que montre la science

Laboratoire / cellules

  • Les études de laboratoire ont permis de comprendre comment la Tesamorelin se fixe au récepteur du GHRH et déclenche le signal de libération de l’hormone de croissance.

Animaux

  • Les études animales ont soutenu le développement de la molécule, mais ne permettent pas à elles seules de prévoir ses effets chez l’être humain.

Humains

  • Les preuves les plus solides viennent d’essais menés chez des adultes vivant avec le VIH et présentant un excès de graisse abdominale lié à une lipodystrophie.
  • Ces résultats ne prouvent pas le même effet chez une personne sans VIH qui cherche simplement à modifier sa composition corporelle.

Essais cliniques

  • Les essais humains majeurs ont principalement inclus des adultes vivant avec le VIH et présentant une accumulation excessive de graisse abdominale liée à une lipodystrophie.
  • Dans un essai randomisé de phase 3, la graisse viscérale a diminué d’environ 10,9 % à six mois dans la population étudiée. Les travaux prolongés ont observé des réductions plus importantes chez les participants qui poursuivaient le traitement.
  • L’effet sur la graisse viscérale peut diminuer après l’arrêt. Ces chiffres ne signifient pas que Tesamorelin fait perdre le même pourcentage de graisse à tout le monde.
05 · Trois niveaux de lecture

Ce que nous savons aujourd'hui

Toutes les informations n'ont pas la même valeur de preuve. Nous les présentons donc selon trois niveaux clairement distincts, du plus solide au plus indicatif.

Ce que montrent les publications scientifiques

Preuve scientifique
  • Les essais convergent sur une réduction mesurable de la graisse viscérale dans la population étudiée.
  • Les effets sur le poids total et la graisse sous-cutanée sont faibles.
  • Les auteurs rappellent la régression de l'effet après l'arrêt.

Ce que rapportent certains professionnels

Documenté
  • Son usage clinique documenté relève d'une prescription encadrée, dans une indication précise.
  • Les cliniciens surveillent notamment l'IGF-1 et la glycémie dans ce cadre.

Ce que rapporte la communauté

Observations de terrain
  • Des usages hors indication sont évoqués en ligne ; ils ne sont pas couverts par les essais publiés.
  • Aucune observation individuelle ne remplace des données cliniques contrôlées.

Des données cliniques solides existent, mais pour une population précise : elles ne se généralisent pas automatiquement.

Que dit le monde médical ?

  • Une efficacité clinique sur la graisse viscérale a été démontrée dans une population médicale bien définie : certains adultes vivant avec le VIH et présentant une lipodystrophie.
  • EGRIFTA WR (tesamorelin) est un médicament de prescription indiqué aux États-Unis pour réduire l’excès de graisse abdominale chez ces patients. Ce n’est pas une indication générale pour la perte de poids.
  • Egrifta n’a pas obtenu d’autorisation centralisée de mise sur le marché dans l’Union européenne. La demande européenne a été retirée en 2012 au cours de son évaluation.
  • L’augmentation de GH et d’IGF-1 appelle une surveillance médicale prudente. La sécurité cardiovasculaire à long terme n’est pas complètement établie dans l’indication américaine.
  • Le produit PHL est distinct d’un médicament commercial autorisé et reste destiné à la recherche uniquement.

Pourquoi le biohacking s’y intéresse

  • Les communautés de biohacking s’y intéressent surtout pour la graisse abdominale ou viscérale, la composition corporelle, la recherche d’un aspect plus sec, la récupération, le sommeil et la préservation subjective de la masse musculaire pendant une perte de poids.
  • Ces usages hors de la population étudiée ne bénéficient pas du même niveau de preuve clinique.

Ce qu’on lit dans les retours d’expérience

Retours positifs évoqués

  • Taille ou ventre paraissant plus fins, parfois sans grande variation du poids.
  • Meilleure récupération ou meilleur sommeil selon certains récits.
  • Impression de mieux préserver son physique pendant un déficit calorique.

Autres retours rapportés

  • Peu ou pas de changement chez certains utilisateurs.
  • Fatigue, douleurs ou raideurs, fourmillements ou engourdissement des mains ou des bras rapportés.
  • Rétention d’eau ou autres effets subjectifs évoqués dans certains témoignages.

Les expériences Internet ne permettent ni de déterminer l’efficacité réelle ni d’établir la causalité des effets indésirables.

Ce que l’on sait aujourd’hui

  • Tesamorelin imite le signal naturel GHRH et augmente la libération de l’hormone de croissance puis l’IGF-1.
  • Des essais randomisés ont montré une baisse de la graisse viscérale dans une population VIH avec lipodystrophie.
  • L’effet peut diminuer après l’arrêt et l’indication américaine n’est pas une indication générale de perte de poids.

Ce que l’on ne sait pas encore

  • L’ampleur des bénéfices chez les personnes sans VIH qui recherchent une modification de leur composition corporelle.
  • La sécurité cardiovasculaire et les bénéfices cliniques à très long terme.
  • La part réelle des effets attribués en ligne à la récupération, au sommeil ou à la préservation musculaire.
06 · Le mécanisme

Comment agit la Tesamorelin ?

La Tesamorelin agit au sommet de l'axe somatotrope, selon une chaîne bien décrite.

TesamorelinRécepteur du GHRHHormone de croissance (GH)IGF-1
Récepteur du GHRH

Fixation sur les récepteurs des cellules somatotropes de l'hypophyse.

Hormone de croissance (GH)

Libération pulsatile de GH, en conservant la régulation physiologique.

IGF-1

Production hépatique accrue d'IGF-1, médiateur de nombreux effets de la GH.

Tissu adipeux viscéral

Lipolyse accrue observée, surtout dans la graisse viscérale.

Le mécanisme est établi ; l'ampleur des effets dépend de la population et n'a été mesurée cliniquement que dans des contextes précis.

07 · Le parcours scientifique

Timeline des essais cliniques

Une molécule à l'étude progresse par étapes. Voici, simplement, où en est la recherche.

Conception de l'analogueÉtudes précliniquesEssais de phase 3 (VIH)Autorisation américaine (indication VIH)Recherche sur d'autres contextes
  1. Recherche· 1990sTerminé

    Développement de TH9507

    Conception d'un analogue stabilisé du GHRH.

  2. Phase 3· 2007Terminé

    Premier essai de phase 3 publié

    Falutz et al. (NEJM) : réduction de la graisse viscérale chez des patients VIH.

  3. Autorisation· 2010Terminé

    Autorisation aux États-Unis

    Autorisation limitée à l'excès de graisse abdominale lié à la lipodystrophie chez les patients VIH.

  4. Recherche· 2014Terminé

    Graisse viscérale et hépatique

    Stanley et al. (JAMA) évaluent l'effet sur la graisse du foie.

  5. En cours· ActuellementEn cours

    Autres contextes de recherche

    Travaux ciblés hors indication autorisée ; aucune extension d'indication établie.

08 · La preuve documentée

Les analyses disponibles

La théorie se vérifie. Voici les analyses indépendantes déjà publiées pour la Tesamorelin, consultables dans la Bibliothèque des analyses.

Ouvrir la bibliothèque des analyses
09 · Repères

Questions fréquentes

La Tesamorelin est-elle un médicament ?

Un médicament contenant de la Tesamorelin est autorisé aux États-Unis pour une indication précise chez des patients VIH. Le produit présenté par PHL est destiné à la recherche uniquement et n'est pas un médicament.

Est-ce de l'hormone de croissance ?

Établi : non. C'est un analogue du GHRH, qui stimule la libération de l'hormone de croissance par l'hypophyse.

Les résultats sur la graisse viscérale valent-ils pour tout le monde ?

À étudier : les essais portent sur des patients VIH avec lipodystrophie. Leur transposition à d'autres populations n'est pas démontrée.

Est-elle indiquée pour perdre du poids ?

Non. L’indication américaine concerne la réduction de l’excès de graisse abdominale chez certains adultes vivant avec le VIH et présentant une lipodystrophie. Ce n’est pas une indication générale de perte de poids.

Quels effets indésirables ont été rapportés ?

Établi, dans les essais publiés : réactions au point d'injection, douleurs articulaires, œdèmes et variations de la glycémie, entre autres. Ce profil a été décrit dans la population étudiée.

L'effet persiste-t-il après l'arrêt ?

Établi : dans les essais, la graisse viscérale est largement revenue vers son niveau initial après l'arrêt.

10 · Bibliographie

Publications scientifiques

Sélection de publications de référence sur la Tesamorelin — essais de phase 3, graisse viscérale et hépatique. Bibliographie évolutive.

Effects of tesamorelin (TH9507), a growth hormone-releasing factor analog, in human immunodeficiency virus-infected patients with excess abdominal fat: a pooled analysis of two multicenter, double-blind placebo-controlled phase 3 trials with safety extension data

Falutz J. et al. · Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism · 2010

Effects of tesamorelin on non-alcoholic fatty liver disease in HIV: a randomised, double-blind, multicentre trial

Stanley T. L. et al. · The Lancet HIV · 2019

11 · Le vocabulaire

Glossaire

GHRH
Hormone de l'hypothalamus qui commande la libération d'hormone de croissance.
IGF-1
Facteur de croissance produit surtout par le foie sous l'effet de l'hormone de croissance.
Graisse viscérale
Tissu adipeux situé autour des organes de l'abdomen, distinct de la graisse sous-cutanée.
Lipodystrophie
Répartition anormale de la graisse corporelle.
Hypophyse
Glande située à la base du cerveau, qui sécrète notamment l'hormone de croissance.
L'écosystème PHL

Poursuivre votre découverte

Fiche de référence — version 1.1, mise à jour le 25 septembre 2026. Le cadre réglementaire et scientifique complet est réuni dans l'encadré « Information importante » en tête de fiche.